Mouans-Sartoux, son festival du livre engagé, sa cantine bio… le reste… et les autres
Ce week-end, je suis allée au festival du livre de Mouans-Sartoux (en simple visiteuse, pas en tant qu’autrice). S’il y a bien un salon du livre à ne pas manquer, c’est celui-ci. Il s’agit en effet d’un événement littéraire pas comme les autres. Cela fait longtemps que j’avais envie de vous présenter ce festival, alors je m’y colle aujourd’hui ! 😉
Dans un second temps, j’aborderai plus en détail l’engagement écologique de la municipalité de Mouans-Sartoux, en vous donnant aussi quelques exemples rapides d’autres communes qui œuvrent pour la transition. Parce que, je ne sais pas vous, mais perso, en ce moment plus que jamais, j’ai besoin de voir qu’il y a de belles choses qui se créent dans le monde. 😌

Un festival du livre riche en programmation…
Fort de la présence de 300 auteur·rices (dont de grands noms à best-sellers), ce festival vieux de 39 ans a toujours eu pour fils conducteurs l’écologie et l’humanisme. Ainsi, chaque année, il a la particularité de mettre en avant des thématiques environnementales, sociétales ou encore humaines. Cela se fait via, entre autres, de nombreux entretiens et des ciné-débats. Cette année par exemple, j’ai assisté à une table ronde « Changer d’assiette pour le climat » ainsi qu’à un entretien dont le sujet était « Parler du climat sans plomber l’atmosphère ». Mais il y en avait beaucoup d’autres sur des thèmes variés ! On y trouve aussi tout un espace dédié aux associations ayant pour objet les transitions sociales et écologiques, l’humanitaire, le handicap, les droits des femmes… De quoi réfléchir, se questionner, avoir des prises de conscience. Sans oublier spectacles et fanfare pour le côté divertissant.
Bref, toujours un (très) riche programme, sur trois jours. 🙂
Et depuis 7 ans, le festival récompense un ouvrage dans cinq catégories (roman, essai, jeunesse, ados, BD) en lui offrant le prix du livre engagé pour la planète. Cette année, c’est Clotilde Bato, avec son livre Agricultrices – Semer, nourrir, résister qui remporte le prix dans la catégorie Essai.

… et riche en engagements
Ce festival est conçu de la manière la plus écolo possible. 🌿
Food & Drink : pas de plastique dans les buvettes, eau (de la régie municipale des eaux) en bouteille en verre + écocups pour les débats, café bio issu du commerce équitable (en provenance de Malongo, torréfacteur régional), vin bio local, don des invendus à l’épicerie solidaire de Mouans-Sartoux, repas bio et végétarien offert à toustes les auteur·rices, avec légumes de saison produits par la ferme municipale.
Papier : sacs en papier, supports en papier labellisé PEFC issu de forêts gérées durablement, recyclage des reliquats en lien avec l’imprimeur.
Gestion des déchets : poubelles de tri sur tout le festival, sensibilisation des exposants, des restaurateurs, du public.
Transport : sensibilisation à la mobilisation douce, au covoiturage, au transport en train via des tickets demi-tarif.
Accessibilité : festival 100 % accessible aux personnes à mobilité réduite, parking dédié, salles de cinéma
accessibles à tous handicaps, lecture en langue des signes, débats et expositions sur ces sujets.
Re-bref, un festival vraiment engagé. 🥰
Une mairie à tendance verte depuis des décennies
En même temps, avec un maire aussi engagé que celui de Mouans-Sartoux, Pierre Aschieri, ce n’est pas étonnant. (Et son prédécesseur, pendant 41 ans, était son père, figure écologiste également !)
Cette petite ville de 11 000 habitant·es est notamment un modèle mondial en terme d’alimentation durable. Elle propose depuis plusieurs années une restauration scolaire 100 % bio, à base de produits bruts et de saison, avec 50 % des repas végétariens (protéines végétales + œufs), grâce notamment à l’approvisionnement depuis la ferme municipale évoquée plus haut, qui couvre environ 85 % des besoins en légumes des cantines. C’est aussi une réduction du gaspillage alimentaire dans ces dernières de 80 % grâce à de la sensibilisation et des actions mises en place. Au bout du compte, cela n’engendre pas de surcoût. Le coût de revient est même inférieur au coût national, alors qu’on est ici sur du 100 % bio ! Ce qui montre qu’effectuer ce type de transition alimentaire n’est pas forcément coûteux.
Citons encore l’accompagnement des installations agricoles en bio, une AMAP et un marché de producteur·rices bio pour faire de la vente direct et mieux rémunérer les producteur·rices (sur un panier alimentaire de 200 €, un·e paysan·ne gagne en moyenne 7 € dans le système de distribution alimentaire « classique »), la mise en place de potagers partagés sans intrants de synthèse, la Maison d’éducation à l’alimentation durable pour sensibiliser, éduquer, l’épicerie solidaire où les bénéficiaires à faibles revenus peuvent avoir accès aux légumes de la ferme municipale, et j’en passe… Mouans-Sartoux a vraiment une politique alimentaire forte.
Études à l’appui
Selon une thèse soutenue en 2024 à l’université de Nice, grâce à la politique alimentaire globale de la commune, 71% de la population mouansoise dit avoir changé ses habitudes alimentaires en cinq ans, avec une réduction de 30 % de sa consommation de produits ultratransformés, et de 23 % pour la viande. L’impact carbone alimentaire des Mouansois·es a quant à lui réduit de 26 %. Les habitant·es vont de plus en plus faire leurs courses à vélo et en magasins bio ou de proximité.
En outre, selon une étude du CHU de Nice, le taux de surpoids et d’obésité des enfants mangeant à la cantine de Mouans-Sartoux est inférieur de 45 % à la moyenne nationale. Ce qui entraîne, à terme, moins de cancers et de maladies neurologiques en mangeant bio, ainsi que moins de maladies cardiovasculaires en mangeant sain.
Un modèle pour les autres villes
De nombreuses villes, de toutes tailles et du monde entier (Taïwan, New-York, Liège…), demandent conseil à la municipalité de Mouans-Sartoux et s’inspirent de son modèle alimentaire, à l’instar de Lyon. La ville a ainsi déjà stoppé l’artificialisation des terres, en sanctuarisant les terres agricoles actuelles pour qu’elles restent protégées ad vitam aeternam. Elle a aussi créé une ferme semencière pour distribuer des graines, elle aide à l’installation des agriculteur·rices biologiques, cherche à reconnecter les consommateur·rices aux producteur·rices en lien direct, etc. Comme quoi, tout est possible. On dit souvent que c’est plus facile d’œuvrer pour la transition dans les villages et petites villes. Mais Lyon montre que c’est faisable à plus grande échelle aussi ! 🤩
À Strasbourg a été mise en place l’ordonnance verte. C’est un dispositif qui offre deux ateliers de sensibilisation aux perturbateurs endocriniens ainsi qu’un panier de légumes bio en circuit court par semaine aux femmes enceintes ou en parcours de Procréation Médicale Assistée. Ce dispositif s’étend sur une durée de 2 à 7 mois, en fonction des revenus. Il a pour but de limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens pendant la grossesse, d’aider à transitionner vers une alimentation plus saine et durable et faire en sorte que le futur bébé entre le moins possible en contact avec des perturbateurs endocriniens. Mouans-Sartoux souhaite faire la même chose, pendant la grossesse mais possiblement aussi quelque temps après (si j’ai bien compris !).
Je pense également à Ungersheim, en Alsace, lieu emblématique de la transition et de la résilience de manière plus globale (visant l’autonomie alimentaire, énergétique…). Ou encore à Totnes, en Angleterre, la toute première ville en transition, avec les initiatives de Rob Hopkins, enseignant en permaculture, auteur et fondateur du mouvement international des villes en transition.
Informations bonus
Je vous invite à aller consulter le site de la ville de Mouans-Sartoux qui regorge d’informations sur sa transition écologique en termes d’alimentation durable et ses nombreux projets liés.
Gilles Pérole, adjoint au Maire délégué à l’enfance, à l’éducation à l’alimentation et à la ferme municipale, a mentionné, lors de la table ronde à laquelle j’ai assistée, l’existence d’un projet de Sécurité sociale de l’alimentation (SSA).
Il s’agit d’une réflexion en cours sur, je cite Wikipedia, « la création de nouveaux droits sociaux visant à assurer conjointement le droit à l’alimentation, les droits aux paysans/agriculteurs et la protection de l’environnement ».
Plus précisément, « de la même manière qu’ils le font en allant chez le médecin, tous les Français pourront utiliser une Carte Vitale d’alimentation pour se nourrir sainement de manière autonome, auprès des professionnels conventionnés sur des critères environnementaux et sociaux définis démocratiquement par les caisses primaires locales représentant les citoyens. Les producteurs, eux, seraient liés par des contrats pluriannuels avec un prix établi à partir de leur coût de revient et des volumes garantis, ou même directement salariés des caisses. Ce système se financerait par une cotisation sur la valeur ajoutée produite. La SSA permettrait ainsi à la fois aux plus modestes de mieux manger, aux agriculteurs de mieux vivre de leur métier, tout en réorientant le modèle agricole vers une agroécologie, créant un cercle vertueux. »

lors du festival du livre de Mouans-Sartoux, octobre 2026.
Clotilde Bato, lauréate du prix du livre engagé, nous a brièvement présenté le site Internet Passerelles paysannes. Il s’agit d’une plateforme pour vous accompagner si vous souhaitez devenir paysan·ne. De nombreuses informations sur les démarches, acteur·rices et dispositifs pour la construction de votre projet agricole, des outils, des offres de formation, des récits d’expériences y sont à votre disposition.
Elle a également mentionné le rapport Qui nous nourrira en 2035 ?, publié par le Réseau Action Climat et l’association SOL, qui montre l’urgence de la transition agroécologique.
Enfin, la question des banques a été soulevée lors de cette même table ronde « Changer d’assiette pour le climat ». Il faut savoir que la majorité des banques ne veulent pas soutenir les personnes qui souhaitent s’installer en agriculture biologique. Elles n’acceptent que s’il s’agit d’une agriculture conventionnelle. Un scandale.
En tant que citoyens et citoyennes, nous avons le pouvoir de changer de banque et de passer à une banque éthique, qui elle, sera encline à aider les agriculteur·rices bio. Mettons notre argent là où il sert des causes nobles, environnementales, humaines. Arrêtons d’engraisser les banques qui injectent notre argent dans les énergies fossiles, l’utilisent pour des projets climaticides et polluants. Car non, notre argent ne dort pas sur un compte… J’en parlais déjà dans cet article, que je vous invite à (re)lire pour plus d’informations sur le sujet.
Et si vous voulez franchir le cap de changer de banque (cela n’a rien de compliqué), si cela peut vous intéresser, je suis personnellement à la Banque Postale et je peux vous faire bénéficier de 50 € offerts à l’ouverture d’un compte (pour toute souscription d’une Formule de Compte, hors Formule de Compte Simplicité) grâce à mon lien de marrainage.
Envie de mettre du baume au cœur
Voilà. J’avais juste envie de partager des trucs cools avec vous en ces temps durs. Gardons espoir en un monde meilleur, n’arrêtons pas d’œuvrer, quelle que soit l’échelle de grandeur, à titre individuel, collectif, municipal… Le champ des possibles est à la portée de toustes. On peut faire évoluer les choses. En commençant chez soi, à son niveau, « petit », on peut essaimer (et s’aimer). 🌱💛
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