Divers, Écologie et zéro déchet

L’intelligence artificielle, c’est NON !

Après un post et un article de blog sur le sujet en juillet 2025, au vu de l’essor explosif de l’intelligence artificielle générative ces derniers mois, j’en rajoute une couche aujourd’hui. Ça me démangeait trop. 😠

Je m’excuse par avance si je blesse certaines personnes avec mes propos. Ce n’est pas du tout le but, mais à un moment donné, il faut dire les choses.

J’entends trop souvent les personnes utilisant l’IA – et pire, la promouvant (c’est le cas de beaucoup de formateur·rices en réseaux sociaux/community management/influence), incitant ainsi les autres à l’utiliser –, dire qu’il faut le faire à bon escient, de manière raisonnée/raisonnable. Blablabla. Presque comme pour s’excuser de l’utiliser, tout en validant à la fois.

Pour moi, pardon, mais c’est juste une manière de se rassurer. D’avoir bonne conscience, pour justifier le fait qu’on l’utilise (et qu’on la promeuve).

À moins de ne pas être au courant de ses travers et de son impact environnemental… Je suis suspicieuse. 🤔 Mais bon, c’est possible, laissons le doute planer et ne jugeons pas trop vite.

J’invite en tous les cas le plus grand nombre à lire cet article jusqu’au bout. 😌

Quand l’IA devient la norme

Une étude publiée par l’agence Graphite révèle qu’environ 50 % des contenus web est aujourd’hui généré par une intelligence artificielle. Elle a mis en évidence que la croissance significative de contenus générés par IA a coïncidé avec le lancement de ChatGPT en novembre 2022.

L’utilisation de l’intelligence artificielle est ainsi devenue une norme. Il y a une chance sur deux que ce qu’on lise sur le web ne soit pas écrit par un·e humain·e. Que les photos illustrant des recettes ou autres ne soient pas « réelles ». Que des blogs ou des sites entiers, soient créés par une IA. Mais sinon tout va bien. 😑

Et là où ça devient compliqué à évaluer, c’est quand les rédacteur·rices combinent la génération de contenus par IA avec la réécriture humaine. Ces contenus plus difficiles à détecter pourraient bientôt représenter une part encore plus importante de la production de contenus web. Enfin, web et pas que. En effet, il est désormais facile de pondre des livres en utilisant l’IA générative. Les maisons d’édition sont d’ailleurs plus frileuses quant à l’acceptation des manuscrits, rendant la profession d’auteur·rices encore plus difficile…

Quand la tentation est facile…

Je trouve que le fait que l’IA soit aussi facilement – et gratuitement – accessible au grand public, pousse forcément à la « dérive ». À une utilisation accrue de cette dernière. Et après, une fois qu’on y est habitué·e, difficile de faire marche arrière. (Et on a trop souvent tendance à oublier une chose : rien n’est gratuit dans la vie. Tout se paye, à un moment ou à un autre, d’une manière ou d’une autre.)

Pas mal de personnes dans mon entourage me disent : « Moi, j’ai juste voulu essayer par curiosité. Mais finalement l’IA n’a pas du tout été efficace. J’ai dû repasser après elle et ça m’a fait perdre du temps alors que je voulais en gagner ! Du coup, non, je n’ai pas envie de l’utiliser. »

Oui mais imaginons qu’à l’inverse – et je sais que ça arrive beaucoup, sinon il n’y aurait pas un tel engouement autour de l’IA –, le test soit fructueux. Vous êtes satisfait·e de ce que vous avez obtenu en utilisant une intelligence artificielle. Ne croyez-vous pas que, ce qui n’était qu’un simple essai par curiosité, va se transformer en envie de recommencer ? Et hop ! vous êtes pris·e dans l’engrenage. C’est comme la cigarette : il suffit d’une pour tout faire basculer.

Utiliser ChatGPT revient à soutenir Donald Trump

Le Financial Times a révélé qu’en 2025, Greg Brockman, président d’OpenAI, maison mère de ChatGPT, a versé conjointement avec sa femme 25 millions de dollars à Donald Trump pour financer sa campagne. Avec 26 fois plus que tout autre dirigeant d’une grande entreprise d’IA, c’est l’un des plus gros donateurs du Président Trump. Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a également donné 1 million de dollars au fonds d’inauguration de Trump 2025.

L’outil de tri de dossiers et de CV de l’ICE, la police fasciste de Trump, tourne sur GPT-4, un modèle d’OpenAI. Les technologies d’OpenAI aident ainsi l’ICE à recruter ses agents et à traquer et déporter les immigrés.

Donc déjà, rien que pour ça, merci mais non merci l’IA ! Car en utilisant ChatGPT, cela signifie qu’on finance indirectement Trump et sa police. Et moi je ne cautionne pas, donc c’est niet. ❌

D’ailleurs, un mouvement « QuitGPT » a été lancé. Il invite à boycotter ChatGPT et à se diriger vers des chatbots alternatifs, qui seraient également plus respectueux de la vie privée. (Mais ça reste des IA avec les conséquences néfastes qu’elles engendrent dans divers domaines.)

OpenAI a également récemment établi un partenariat de 38 milliards de dollars avec Amazon… Vous savez déjà ce que je pense de cette plateforme. Cette collaboration renforce mon souhait de continuer à boycotter ChatGPT (et toute autre IA générative), comme Amazon ! 

Rappel des travers de l’IA

J’en ai déjà parlé en détail dans mon précédent article, donc je ne vais pas m’étaler ici, mais on peut rappeler brièvement que l’intelligence artificielle générative :

  • Altère nos capacités cognitives ;
  • Vole des œuvres aux artistes pour produire sa base de données et vole le travail d’humain·es au sein de nombreuses professions ;
  • Peut contribuer à la manipulation de la population grâce à la création de fakes (fausses infos, faux posts, arnaques…) ;
  • N’est pas éthique, inclusive. Elle prend des décisions racistes et sexistes, étant construite selon des biais humains encodés dans son système, montrant un gros manque de diversité ;
  • Pourrait, à plus ou moins long terme, selon certain·es expert·es, accéder à des systèmes d’armes, exploiter des failles de cybersécurité, acquérir une forme de conscience, devenir incontrôlable au point de menacer l’existence de l’humanité ;
  • A un fort impact environnemental.

Au vu des nouvelles informations que j’ai trouvé sur ce dernier point, je vais donc le détailler quelque peu.

Il faut savoir que l’intelligence artificielle a besoin de millions de centres de données abritant des serveurs informatiques pour fonctionner.

Cela demande énormément de ressources, de métaux rares, dont l’extraction nuit à la nature. Beaucoup de déchets électroniques sont créés, contenant parfois du mercure et du plomb, très nocifs. La consommation d’eau engendrée est également énorme, alors qu’aujourd’hui ¼ de l’humanité n’a pas accès à une eau propre et à des services d’assainissement. C’est indécent.

Ces centres consomment enfin énormément d’électricité, souvent issue de combustibles fossiles qui génèrent des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, une question envoyée à ChatGPT utilise 10 fois plus d’électricité qu’une recherche Google. En Irlande, les centres de données pourraient bientôt représenter 35 % de la consommation d’électricité du pays.

Conclusion mon cher Watson ?

Je pense que dans la majorité des cas, on peut se passer de l’IA. On l’utilise bien souvent juste parce que ça nous facilite la vie, ça va plus vite que si on faisait le job par soi-même. On pense individuellement, en se disant que ce n’est pas parce qu’on l’utilise « un peu », de manière « raisonnée » dit-on, pour réaliser certaines tâches à notre place, que ça va changer la face du monde.

Spoiler alert : si. Parce que si chaque personne se dit la même chose, l’effet n’est plus individuel mais devient collectif. C’est comme faire sa part du colibri : les gens (qui ont la flemme) disent souvent que ça ne sert à rien. Sauf que si chacun·e fait un peu, on peut parvenir à une force collective. Et c’est alors loin de ne servir à rien. Donc, si tout le monde fait « un peu » (encore faut-il définir où est la limite avec le « trop ») de quelque chose de néfaste dans son coin, ça crée un « beaucoup » au niveau collectif.

J’ai par ailleurs lu que l’IA pouvait aider à faire de meilleurs choix pour protéger la planète. Et carrément qu’elle pouvait contribuer à lutter contre le réchauffement climatique, la perte de nature, de biodiversité, la pollution. Mais en quoi, l’IA, qui engendre elle-même tous ces problèmes, va aider, en accroissant son utilisation… et donc les problèmes ?! Vraiment, faut qu’on m’explique le raisonnement. 🤔

C’est comme de dire que les voitures électriques, c’est la solution. NON. La croissance verte, les technologies vertes, l’IA, ce ne sont pas les solutions. La solution, avant toute chose, c’est réduire. C’est la sobriété. Tant qu’on n’a pas compris ça, on n’a rien compris. Le reste, c’est du greenwashing, un moyen de tirer profit, encore et toujours, de tout ce qui peut rapporter de l’argent.

Le bouquet final : friend.com

Et alors là, on atteint des sommets : le collier avec IA intégrée pour rompre la solitude. Une initiative lancée par la start up américaine Friend à l’automne 2025 aux États-Unis et au Canada, désormais disponible en livraison dans l’Union européenne.

On peut ainsi voir depuis plusieurs semaines des affiches publicitaires, dans le métro parisien notamment, avec des messages énigmatiques écrits sur fond blanc, tels que : « Je prendrai toujours le métro avec toi. », « Je m’assois en terrasse même en hiver avec toi. », ou encore « Je regardrai tous les episodes avec toi. ». (Et là mes yeux saignent. Faire des erreurs de français dans une publicité, qui plus est ne comportant qu’une seule phrase, ça le fait pas, c’est pas professionnel !)

Ce collier écoute en permanence ce qui se passe autour de la personne qui le porte. Il « communique » avec elle en lui envoyant des textos via une application dédiée, afin qu’elle se sente moins seule. Sur le site de la start up, on peut lire « Friends are digital beings hosted by friend.com. » En français : les Amis sont des êtres numériques hébergés par friend.com. L’IA est clairement mise sur le même pied d’égalité qu’un être humain. Et concernant le respect de la vie privée, il est indiqué sur le site que les données peuvent être divulguées, notamment à des autorités gouvernementales.

Je trouve ça dérangeant, malsain. Tout à la fois d’humaniser l’IA, et de construire ce nouveau business en jouant avec les émotions de personnes se sentant seules, sans doute fragiles.

Et puis, si l’on passe le cap de se mettre la corde au cou, euh, pardon, le collier, ne se renferme-t-on pas encore plus sur soi-même, ne cherchant plus à faire d’effort pour sociabiliser avec les autres, augmentant sa solitude, son isolement ?

Une intelligence artificielle ne peut pas remplacer les échanges humains, une parole, un regard, une tape sur l’épaule, un câlin, une présence, une chaleur. Ce dont l’être humain a besoin, ce n’est pas d’une amitié artificielle, virtuelle, mais bien de relations humaines, bienveillantes et chaleureuses.

Sources : Huffington Post, Courrier International, UNEP, Gouvernement, SiecleDigital, QuitGPT, Gaetan Gabriel, Friend, M6 Info.

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