Alimentation

Y a quoi au menu ? Du cadmium !

Le sujet est loin d’être nouveau, mais on en entend de plus en plus parler : le cadmium nous intoxique. On parle même de bombe sanitaire. 💣

On en mange à toutes les sauces et même à la sauce bio. Zoom sur cet ingrédient présent dans notre menu quotidien.

Qu’est-ce que le cadmium ?

➡️ C’est un métal lourd fortement présent dans notre environnement. Il se trouve naturellement dans la croûte terrestre. Mais à cela s’ajoutent les apports liés aux activités industrielles et agricoles, et notamment l’usage d’engrais minéraux phosphatés. Ces derniers sont fabriqués à partir de roches contenant du phosphore. On le trouve ainsi aussi bien dans l’eau, que dans le sol ou dans l’air.

➡️ Le cadmium est hautement toxique, et les risques d’effets délétères sont liés à la dose ingérée dans le temps. Donc plus on « consomme » du cadmium, plus il s’accumule dans notre organisme. Et plus on a de (mal)chance d’avoir des problèmes de santé. Les enfants et les classes populaires seraient les plus exposés.

Comment nous intoxique-t-il ?

➡️ Essentiellement via notre alimentation. Et plus particulièrement via les produits céréaliers, sucrés comme salés. Pain, viennoiseries et pâtisseries, pâtes, biscuits, gâteaux, céréales du petit déjeuner, blé, riz ou encore pommes de terre. Et certains légumes, notamment verts, comme les épinards, nous informe l’UFC-Que Choisir.

Les algues, mollusques, crustacés, les abats et le chocolat ont une teneur plus élevée en cadmium, mais sont moins contributeurs à notre « imprégnation » car nous n’en consommons pas autant – en quantité et en fréquence – que les aliments précités.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a étudié pour cela tous les facteurs d’exposition possibles – alimentation, eau, air, poussières, sol, produits cosmétiques, tabagisme –, ainsi que les différentes voies d’exposition – ingestion, inhalation et cutanée. Il en ressort que l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition au cadmium dans la population non-fumeuse. Le tabac constituant ainsi un source supplémentaire d’exposition au cadmium.

Le cas du chocolat

On en a peut-être plus entendu parler que le reste : le cadmium dans le chocolat. L’UFC-Que Choisir indique que « Les références bios ou provenant d’Amérique latine affichaient les plus mauvais résultats [des tests réalisés en 2021] – tout en respectant les normes. » Pourquoi ? Parce que le cadmium est présent dans des concentrations très élevées dans certaines régions du monde comme l’Amérique latine (Pérou, Équateur, Colombie) où sont cultivés les cacaoyers. Et c’est malheureusement dans ces pays que la production de cacao bio et de filières équitables est davantage implantée. Ce n’est donc pas dû aux conditions de culture des cacaoyers, mais à la géologie.

Il faudrait donc, pour ingérer moins de cadmium, privilégier le chocolat provenant d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie du Sud-Est, les autres grandes zones de production. Mais comme dit précédemment, ce n’est pas le chocolat qui nous expose le plus (autour de 3 % seulement).

Quels sont les risques encourus ?

➡️ Le cadmium est identifié au niveau européen comme un contaminant préoccupant pour la santé publique. Il est classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (fertilité). Il peut aussi entraîner des problèmes rénaux et une fragilité osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose et de fractures, mais aussi impacter le neurodéveloppement et le système cardiovasculaire, selon l’Anses.

Pourquoi la population française est-elle particulièrement touchée ?

En 2021, il a été démontré que 47,6 % de la population générale adulte (âgée de 18 à 60 ans) dépassait le seuil de concentration critique de cadmium urinaire de 0,5 microgramme par gramme de créatinine (l’indicateur de santé des reins). La France a des niveaux de contamination jusqu’à trois à quatre fois plus élevés que ceux d’autres pays nord-américains et européens.

➡️ Ce qui peut expliquer cette forte exposition française, c’est que nous importons majoritairement la roche phosphatée et les produits intermédiaires ou finis qui en sont issus d’Afrique du Nord (Maroc, Égypte, Algérie) où les gisements peuvent avoir une teneur en cadmium très élevée. Le journal Le Monde souligne en effet que « Le [Maroc] possède les plus grandes réserves minières en phosphate du monde, mais ses roches affichent des teneurs en cadmium très élevées, jusqu’à 73 mg/kg».

Que faire pour réduire les risques ?

➡️ Les engrais phosphatés sont utilisés aussi bien en agriculture conventionnelle que biologique. Toutefois, Benoît Piteau, député (Les Écologistes) et agriculteur en Charente-Maritime, explique que « Les analyses montrent qu’à produit équivalent, les aliments issus de l’agriculture biologique contiennent en moyenne deux fois moins de cadmium ». Ainsi, à l’échelle individuelle, comme toujours, privilégions les produits biologiques. L’Anses recommande également de limiter la consommation de produits à base de blé, et notamment les céréales du petit déjeuner, les biscuits et les gâteaux. À l’inverse, il est bon de consommer plus de légumineuses.

➡️ À plus grande échelle, l’Anses préconise d’« appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes épandues sur les sols agricoles, en particulier pour les engrais minéraux phosphatés ». Valeurs qu’elle avait déjà recommandées en 2019.

Actuellement, le seuil appliqué en France correspond à plus du double de la norme en vigueur dans l’Union européenne.

➡️ Pour ce faire, l’Anses propose d’ajuster « le type et les quantités de matières fertilisantes en fonction des sols et des cultures ». Mais aussi d’utiliser des techniques « permettant de mobiliser le phosphore déjà présent dans les sols afin d’éviter de nouveaux apports ».

➡️ Elle encourage les agriculteur·ices à s’approvisionner en engrais moins riches en cadmium ou à mettre en œuvre des « procédés de décadmiation » de ces engrais. L’étiquetage des engrais devrait également être révisé afin de mentionner la teneur en cadmium.

Scandale cadmium : on peut agir

Sur https://scandalecadmium.fr/ tu peux interpeller notre gouvernement pour qu’il agisse enfin !

Ça prend littéralement 10 secondes.

Tu as bien 10 secondes à consacrer à ta santé et à celle de tes enfants ?

(Res)sources :

🔹https://vert.eco/articles/pain-pates-biscuits-98-de-notre-exposition-au-cadmium-vient-de-ce-que-lon-mange?

🔹https://vert.eco/articles/cadmium-ca-fait-30-ans-quon-connait-les-risques-et-pourtant-les-pouvoirs-publics-ne-font-rien-desespere-le-depute-benoit-biteau

🔹https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-agir-des-present-la-source-de-la-contamination-des-sols

🔹https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-reduire-exposition

🔹https://www.anses.fr/fr/content/lanses-fait-des-recommandations-pour-limiter-lexposition-au-cadmium-la-consommation-des

🔹https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/05/la-france-malade-du-cadmium-une-bombe-sanitaire-alertent-les-medecins-liberaux_6610597_3244.html

🔹https://www.santepubliquefrance.fr/docs/impregnation-de-la-population-francaise-par-le-cadmium.-programme-national-de-biosurveillance-esteban-2014-2016

Cet article vous a plu ? 🙂
Faites-le vivre en le commentant et en le partageant !

Envie de travailler avec moi ? 🤝Consultez mes services !
Votre soutien via l’affiliation et Tipeee m’est précieux, merci à vous.
 ❤️