Écologie et zéro déchet

La sobriété, clé d’un monde durable

On connaît tous Vers la Sobriété heureuse de Pierre Rabhi, qui prône la modération, afin de lutter contre la mondialisation, la modernisation, la croissance économique telle qu’on la connaît aujourd’hui. La modération de nos besoins, de nos envies et donc de la consommation, mais aussi de la production… tout est lié. Et si vous n’avez jamais lu ce livre, je vous invite à le faire ! 😉

J’ai toujours défendu sur ce blog et dans la vie de tous les jours une forme de décroissance. J’en parle d’ailleurs dans ma présentation. Mais dernièrement, je ne sais pas, j’ai eu un flash. Cette décroissance, ou sobriété, est LA CLÉ (choisissez le mot qui vous convient, certaines personnes n’aiment pas parler de décroissance car pour elles le terme a une connotation négative, ce n’est pas le cas pour moi).

Ce que je veux dire, c’est que, j’étais jusque-là très favorable à la sobriété, au fait de consommer moins. Je savais que c’était une bonne pratique à adopter, et cela fait d’ailleurs des années que j’y « baigne ».

Mais je n’avais encore jamais réalisé à quel point c’était en fait l’action principale à adopter pour que tout change vraiment dans notre société qui part en cacahuète depuis trop longtemps et qui nuit considérablement à l’environnement comme aux êtres vivants.

Ce n’est pas un acte parmi d’autres. Ce n’est pas celui de plus qui va compléter d’autres attitudes écolos. Il ne se place pas au même niveau. C’est LE PREUM’S. Et ce sont les autres gestes écolos qui viennent s’additionner à celui-ci.

La sobriété, clé d’un monde plus vert. Crédit photo : PhotoMIX-Company, Pixabay

L’innovation technologique, un plus, mais pas la solution

Contrairement à une croyance assez répandue, la solution aux problèmes environnementaux, ce n’est donc pas, à mes yeux, d’innover, de produire toujours plus d’alternatives green, notamment technologiques, mais de faire avec ce qui existe déjà, en adoptant des comportements plus durables.

Ce n’est donc pas forcément de multiplier les véhicules individuels électriques par exemple (dont l’impact environnemental est loin d’être négligeable), mais de continuer avec les véhicules déjà en circulation, de se tourner davantage vers le marché de l’occasion, tout en prenant moins souvent la voiture, en privilégiant des modes de transport plus écolos que cette dernière, qu’elle soit classique ou électrique : vélo (si possible non électrique sauf si acheté d’occasion), bus, train, marche à pied… ou bien le covoiturage en remplissant la voiture.

Crédit photo : mmurphy, Pixabay

Je pense que tout devrait être réfléchi ainsi. Optimiser l’existant, le faire durer (à bas l’obsolescence programmée), mutualiser, ralentir notre consommation effrénée de tout (transports, voyages, achats, énergies…), au lieu de toujours vouloir plus, plus rapide, plus performant… La 4G, la 5G, la 6G, jusqu’où ira-t-on ? 😨

Donc voilà, je le redis : l’innovation technologique, qui implique d’aller toujours plus loin, de puiser dans les ressources de la terre, dans les énergies – fossiles ou non –, etc., dans l’idée d’apporter des solutions écolos, n’est pas ce sur quoi il faudrait se concentrer en premier lieu.

Placer la priorité au bon endroit

Attention, je ne dis pas pour autant que je suis contre. Ça a sa place, c’est important. À condition que ce soit réellement fait dans une optique écologique (et non de performance ou rapidité accrue, encore et toujours). Mais ça ne doit pas être la priorité. Ce n’est pas là où tous les efforts doivent se concentrer, car l’on reste sur un même modèle économique et de production.

Tout comme le recyclage et l’upcycling : c’est très bien, ça doit être mis en pratique le plus possible, mais ces processus ont leurs limites, génèrent également des pollutions, nécessitent de l’énergie, etc. Et n’empêchent en rien la surproduction et la surconsommation. Pire, ça peut même les accentuer car on peut avoir tendance à acheter davantage, en se disant : « pas de souci, ça se recycle !  ». Idem du côté fabricant : « achetez, c’est recyclable/c’est fait en matériaux recyclés ! »

Bref, tout ceci s’apparente pour moi davantage à un pansement servant à masquer le problème qu’autre chose. C’est faire comme si ça allait, puisque le « mal » est caché. C’est très bien, mais ce n’est clairement pas suffisant, ni la solution au problème de fond. La priorité, c’est de changer de paradigme.

La sobriété est la clé de voûte

Même si l’innovation – et autres alternatives – joue un rôle à ne pas négliger, ce n’est pas la solution première. La sobriété est ce sur quoi tout repose. C’est ce qui permettrait au monde de ne pas s’écrouler. Ce qui nous permettrait de vivre harmonieusement, en trouvant un équilibre… si tant est qu’il ne soit pas trop tard.

Plus particulièrement, nous pourrions parler de la sobriété énergétique, qui se définit par la diminution des consommations d’énergie par des changements de modes de vie et des transformations sociales. Cela se traduit notamment par la limitation, à un niveau suffisant, des biens et services, produits et consommés. (Wikipédia)

Je ne parlerai pas ici d’autres « clés » comme plus d’autonomie, d’auto-suffisance, une relocalisation de la production et j’en passe, car ce serait m’écarter du sujet, et bien trop long. Mais bien sûr, cela fait partie des solutions à appliquer pour un monde meilleur et plus durable.

La clé de voûte centrale maintient l’ensemble des pierres, tout comme un monde plus durable repose sur la sobriété. Crédit photo : Eukalyptus, Pixabay

Nous pouvons, à notre niveau de citoyen, choisir de revoir nos besoins, consommer moins (de biens, d’énergie…) – jusqu’à un seuil qui nous est acceptable, évidemment. Le but n’est pas de ressentir de la frustration ou une quelconque contrainte. Mais juste de trouver un équilibre, dans lequel on se sente bien.

Apprendre à consommer moins mais mieux. Peu, mais de qualité. Plus durable, plus éthique, plus local, plus solidaire, plus zéro déchet. Si on achète moins, et différemment, les gros industriels seront forcés de moins produire, et mieux, nous pouvons l’espérer.

Nous pouvons aussi, avant de penser achat neuf, adopter de nouveaux réflexes : réparer plutôt que jeter et racheter ; se tourner vers la seconde main et le reconditionnement chaque fois que possible, emprunter…

Mes choix me rendent heureuse

Personnellement, c’est un engagement qui me procure beaucoup de plaisir ! Oui, je paye plus cher mes produits alimentaires que si je vais dans un supermarché conventionnel lambda. Oui, tels produits cosmétiques sont deux fois plus chers que leurs homologues cracras, suremballés, néfastes pour l’environnement et ma propre santé…

… MAIS, je me fais du bien en mangeant sainement. Je choisis de consommer bio pour ma santé, celle des agriculteurs, celle des cours d’eau, de la terre sur laquelle nous marchons et dans laquelle nous plantons, celle de la planète et de tous les êtres vivants. Mon argent va à des marques et entreprises souvent locales, engagées, éthiques. Les produits cosmétiques que j’achète durent deux à trois fois plus longtemps au bas mot.

… ET, je fais aussi beaucoup d’économies ! En achetant tout bonnement moins, car j’ai revu mes besoins et désirs. En fabriquant beaucoup de choses moi-même. Ou encore en achetant d’occasion, en faisant du troc, en allant à des gratiferias, des vide-greniers, etc.

Bref, ça crée un équilibre au niveau financier. Comme quoi, payer plus cher ne me revient pas plus cher car mes besoins sont revus à la baisse et gérés différemment. 😉 Et réellement, je ne manque de rien et vis très bien ma sobriété qualitative. Je trouve ma vie beaucoup plus riche et pleine de sens. 😊

Pour moi, la sobriété est ainsi la clé d’une planète durable, favorable à la limitation du réchauffement climatique. Sans oublier un autre aspect très important à cet effet : la réduction drastique de la consommation de produits d’origine animale, et notamment de viande. Les chiffres sur le sujet sont plus que parlants et il faut vraiment être borné ou de mauvaise foi pour ne pas l’admettre. C’est dit.

Le PIB ne fait pas le bonheur

Quand on parle de croissance, on fait systématiquement référence au Produit Intérieur Brut (PIB). Il s’agit d’un indicateur permettant d’évaluer l’activité économique d’un pays. Cela permet de savoir s’il est en « bonne santé », s’il se porte bien.

Mais qu’en est-il de la santé et du bien-être de ses habitants ? Ne devrait-on pas concentrer nos efforts à œuvrer pour une meilleure santé des êtres vivants ? Un épanouissement personnel, et par répercussion collectif, accru ? Plus on se sent bien, plus on a l’esprit clair, moins on a besoin de combler des vides en consommant à tout-va (dont des antidépresseurs), plus on est conscient, et plus on peut faire de belles choses impactantes !

Au Bhoutan, le PIB est remplacé par le BNB : le Bonheur National Brut, qui évalue le bien-être de ses habitants. Et devinez quoi ? Ce sont des gens extrêmement heureux ! Pourquoi ? Parce que ce petit pays situé entre l’Inde et la Chine, deux colosses industriels, a su rester sobre, en préservant ses espaces naturels et son mode de vie peu matérialiste, à l’opposé du monde moderne et de ses dérives. Des domaines comme le niveau de vie, la santé, l’éducation, le développement durable, l’environnement, la bonne gouvernance ou encore la résilience culturelle sont évalués dans le calcul du BNB.

Crédit photo : sciencefreak, Pixabay

Virons de bord, toute !

Bref, on ne cesse de le répéter : le changement, c’est maintenant ! Pas demain, on n’a plus le temps de tergiverser. NOW !

Et arrêtons avec l’excuse que, si les lobbies, politiques et consorts, ne font rien, ce n’est pas à nous de faire quoi que ce soit, que ça ne sert à rien, gnagnagna… On s’y met, point !

Si on est une majorité contre la suppression de l’obsolescence programmée, de l’industrie intensive, du capitalisme, du conformisme, de la surconsommation, etc., mais POUR un autre système, une autre façon de voir les choses, de consommer, de produire, de vivre, je suis sûre que ça peut faire effet boule de neige. Mais pour ça, il faut du monde. Qui se mobilise. Qui agisse. Qui parle.

Il faut bien commencer par quelqu’un, quelque part, et mieux vaut tenter de changer les choses que de ne rien faire du tout non ? Qu’est-ce qu’on a à perdre ? 


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